Quand on a une idée de produit SaaS, la tentation est forte de coder pendant des semaines pour sortir « le produit parfait ». J'ai appris, à mes dépens et parfois avec joie, qu'il vaut mieux vérifier d'abord qu'il y a vraiment un besoin payant. Voici une méthode pratique et pragmatique pour tester en 7 jours si votre SaaS peut convaincre des clients payants — sans construire tout le produit.
Préparation : ce que vous devez avoir avant de commencer (Jour 0)
Avant de lancer la semaine d'expérimentations, rassemblez ces éléments :
Avec ça, vous êtes prêt à transformer une hypothèse en données en une semaine.
Jour 1 — Smoke test : valider l'intérêt
Le but aujourd'hui est simple : mesurer l'attraction de votre offre sans construire le produit. Créez une landing page avec :
Exemple d'accroche : « Automatisez le suivi des prospects et gagnez 3 heures par semaine — Testez gratuitement pendant 14 jours ». Lancez du trafic via :
Mesurez le taux de conversion visite→inscription. Si vous obtenez 3–10% selon la qualité du trafic, vous avez un signal prometteur.
Jour 2 — Fake door et préventes
Si votre landing page convertit, passez au test « fake door » : promettez une fonctionnalité ou un accès limité à la version payante et proposez une pré-commande. Il s'agit de voir si des gens sont prêts à sortir leur carte.
Un paiement réel est le signal le plus fort. Même quelques préventes (5–20 clients payants) suffisent souvent à valider qu'il y a un besoin réel et un willingness-to-pay.
Jour 3 — Entretiens utilisateurs (qualitatifs)
Contactez ceux qui se sont inscrits et proposez un court entretien de 15–20 minutes. Mon objectif lors de ces entretiens :
Questions utiles :
Ces entretiens révèlent souvent des insights que les chiffres seuls ne montrent pas : objections récurrentes, cas d'usage non envisagés, leviers psychologiques.
Jour 4 — MVP concentré (Wizard of Oz / Concierge)
Au lieu de construire l'automatisation complète, offrez un service manuel qui simule le produit (concierge) ou faites fonctionner l'interface front-end pendant que vous exécutez le travail en coulisse (Wizard of Oz).
Cette approche vous permet de tester l'engagement et de quantifier la charge opérationnelle nécessaire avant d'automatiser.
Jour 5 — Test de prix et d'engagement
Testez différentes offres et structures tarifaires :
Mesurez quelles pages convertissent le mieux et demandez lors des entretiens pourquoi ils choisissent tel plan. Le but : trouver un pricing qui maximise la conversion sans trop sacrifier la valeur perçue.
Jour 6 — Acquisition scalable : où est le coût d'un client ?
Maintenant que vous avez un produit simulé et un flux d'inscriptions, calculez votre coût d'acquisition (CAC) et comparez au revenu moyen par client (ARPU).
Testez d'autres canaux à petit budget : content marketing (article LinkedIn), partenariats, outreach direct (cold email personnalisé). L'objectif est d'identifier un canal avec un CAC acceptable.
Jour 7 — Rétrospective et décisions
Rassemblez toutes les données :
Avec ces éléments, posez-vous ces questions :
Si vous avez obtenu des signaux positifs (préventes, faibles objections, CAC raisonnable), vous avez validé l'hypothèse en 7 jours. Sinon, vous aurez appris où pivoter : audience, message, prix ou même proposition de valeur.
Outils et templates rapides
Pour gagner du temps, utilisez :
Template d'accroche pour votre landing (remplacez entre crochets) :
Tester vite ne signifie pas faire quelque chose de bâclé : cela signifie concevoir des expériences qui donnent des données exploitables. En sept jours, vous pouvez économiser des mois de développement et des milliers d'euros en validant (ou en invalidant) une idée. Et souvent, ces premières conversations façonnent un produit bien plus pertinent que ce que j'aurais construit seule derrière mon écran.